La peinture de Dominique MATHIEU-POYETON ne s'embarrasse pas de titres. Pas de noms ronflants donnés aux œuvres et qui masqueraient la vacuité de la pensée. Mais chacun des tableaux ici exposés répond à la question fondamentale de toute peinture, je veux nommer la lumière. On sait depuis Rembrandt et bien d'autres qui n'ont eu de cesse de le réaffirmer, comme Monet et les impressionnistes, que le vrai sujet de toute peinture est la lumière. Dominique MATHIEU-POYETON nous rappelle aujourd'hui qu'il en est bien ainsi.
Regardez ces peintures et vous verrez la lumière survenir de la matière, se jouer de ses reliefs, s'affirmer dans les nuances des couleurs et se faire mouvement. Et c'est bien la lumière qui la guide dans son travail.
Dominique part de la matière, brute ou travaillée : sable, tissus, papiers divers, écorce, collages… mais aussi de la peinture elle-même, disposée en couches. Elle utilise le couteau ou le pinceau, mélangeant le plus souvent ces deux approches. " Cela permet des effets, fait apparaître une idée, un relief, une image que je saisis pour aller au bout de cette impression ", explique-t-elle. Et si elle cherche à gommer cette impression, pour la faire disparaître, apparaît alors une autre idée, une perception, une unité. " Je me laisse entraîner dans ce que je vois ou ressens et poursuis dans cette direction ", dit-elle avant d'ajouter : " Parfois, je tourne autour d'une impression avant d'arriver à exprimer ce que je ressens ".
Un coup d'œil rapide pourrait faire croire que sa peinture peut être classée en deux grandes catégories : il y aurait les " bleues " et les " rouges/orangés ". Ce serait se méprendre.
Un regard plus attentif discerne alors la volonté de Dominique MATHIEU-POYETON de trouver la nuance exacte. Car, on l'a dit, elle recherche l'adéquation de la peinture et de l'impression. Il lui faut donc travailler et retravailler sans cesse les couleurs, pour en creuser les effets, en maîtriser les ombres, en faire surgir la lumière. Mais sans tomber dans la répétition stérile. Nul doute que bientôt d'autres palettes s'offriront à notre regard. Déjà, on peut voir ici des blancs, qui sont tout aussi lumineux.
Mais j'en ai déjà trop dit. Alors, je vous laisse aller à la découverte de cette lumière si particulière, qui émane de ces peintures.
Yves POYETON